Sexualité

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Évolution de la sexualité depuis 100 ans

Au cours des cent dernières années, la France a connu une véritable révolution sexuelle.

De nouvelles pratiques se sont démocratisées. Les relations intimes ont cessé d’être essentiellement destinées à la procréation. De multiples tabous en matière de sexualité ont été levés. Le rapport de chacun au plaisir a été profondément chamboulé.

Vous désirez en apprendre plus sur la libération des mœurs au XXe siècle ?

Laissez-moi vous présenter les différentes étapes qui ont conduit à considérablement transformer les relations sexuelles et la perception que nous en avons.

La procréation, but premier de la sexualité

Durant la Première Guerre mondiale, plus d’un million de Français ont perdu la vie. En réaction à cette hécatombe, les législateurs ont voté, en 1920, une loi nataliste visant à réprimer le recours aux contraceptifs et à l’avortement. À cette période, la sexualité ne semble avoir qu’un but procréatif.

Les femmes, qui ne disposent d’aucun statut juridique, n’ont de valeur qu’à travers leurs rôles d’épouse et de mère. Il est très mal vu qu’elles aient des relations intimes en dehors du mariage, au contraire des hommes, nombreux à découvrir la sexualité par le biais de la prostitution.

Afin d’éviter tout dérapage, les univers masculins et féminins sont très cloisonnés.

Certains lieux de sociabilité (bistrots, cafés…) sont réservés aux hommes, d’autres (marchés, églises, lavoirs…) aux femmes. Il n’y a que lors des bals que les jeunes gens peuvent se rencontrer et s’initier à la séduction.

La science ayant démontré que l’ovulation ne dépendait pas du plaisir féminin, les hommes accordent peu d’importance à la jouissance de leur partenaire.

De plus, du fait des théories de Freud selon lesquelles l’orgasme de la femme ne peut être que vaginal, les préliminaires (et notamment les stimulations du clitoris) sont jugés superflus.

Vers la révolution sexuelle

En 1938, les femmes sont dotées d’un statut juridique propre. Elles obtiennent également le droit de vote et d’éligibilité au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

Après ces premières évolutions encourageantes, leurs droits n’ont de cesse de se développer. Les femmes peuvent désormais occuper un emploi, sans avoir reçu l’aval de leur conjoint. Plutôt que de parler de chef de famille, il est désormais question d’autorité parentale partagée.

L’épanouissement des femmes en dehors de leur rôle d’épouse est plus facilement accepté, ce qui engendre une réduction du nombre de mariages et la reconnaissance du divorce par consentement mutuel en 1975.

À partir des années 1960, le rapport des femmes à la sexualité est véritablement métamorphosé. La légalisation de la pilule en 1966 (loi Neuwirth) puis de l’avortement en 1975 (loi Veil) leur permet d’appréhender les rapports intimes plus sereinement, sans redouter systématiquement une nouvelle grossesse.

Les conclusions de Freud sur l’orgasme féminin sont vivement contestées par la sexologue américaine Hite, qui affirme que le plaisir féminin est essentiellement causé par les stimulations clitoridiennes. Les préliminaires vont progressivement gagner en importance.

Une société hypersexualisée ?

Au fil des décennies, la jouissance féminine est devenue absolument primordiale. La masturbation s’est largement développée chez les femmes, soucieuses de prendre leur plaisir sexuel en main.

En parallèle, les hommes sont devenus plus angoissés à l’idée de ne pas réussir à apporter plaisir et orgasmes à leurs partenaires.

Si la sexualité constituait autrefois un sujet tabou, elle semble aujourd’hui omniprésente au sein de la société et les individus y sont confrontés très jeunes.

Les orientations sexuelles jugées déviantes par le passé (telles que l’homosexualité), ainsi que les pratiques sexuelles autrefois décriées (sexe oral, sexe anal…) sont dorénavant beaucoup plus largement acceptées et normalisées.

La sexualité n’est plus une pratique réservée aux couples mariés ou aux personnes amoureuses.

Il est parfaitement admis que les relations intimes ne s’accompagnent pas forcément de sentiments romantiques ou d’un engagement sur le plan affectif.

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